Pauvre
France, ou l'on continue de faire des "bonnes" affaires et des
"bons" coups sur le dos du plus grand nombre. Dans le domaine de la
santé, comme dans d'autres, ces
mauvaises actions se développent et se multiplient et cela toujours avec le
faux alibi de rendre service à la population alors qu'il s'agit de faire fructifier des intérêts
particuliers ou de favoriser des politiques nocives pour les citoyens de notre
pays. Prenons trois exemples aussi variés que néfastes.
mardi 26 janvier 2016
jeudi 14 janvier 2016
Centres de Santé du GCM des Bouches du Rhône: "Circulez, il n'y a presque plus rien à voir..."
Le 6 Décembre
2012, le Grand Conseil de la Mutualité des Bouches du Rhône licenciait 39
médecins généralistes exerçant dans les 11 centres de santé mutualistes :
ceux-ci refusaient de transformer leur contrat à la fonction en un contrat à
l’acte et la médecine sociale en une pratique vouée aux ambitions
assurancielles de la Mutualité. (voir article 02/2015)
L’USMCS qui a
soutenu les médecins licenciés et leur combat pendant deux ans, continue de
s’intéresser aux conséquences de cette casse programmée et assumée.
Revue générale
donc….
samedi 12 septembre 2015
Accord National acte 2, Loi de Santé suite et solidarité : agir !
Réagir
et agir face au drame
Comment ne pas réagir face au drame qui se joue désormais sous nos yeux ? Les guerres en Syrie, en Irak, en Lybie ont pourtant alimenté ces derniers mois les bulletins d’information, mais dans une indifférence quasi générale il est vrai. Finalement, la question était surtout de savoir si elles allaient avoir des répercussions sur nos économies chancelantes... Mais voilà qu’elles nous ont rattrapés, violemment, interpellant nos consciences, enfin… Les morts, nombreux depuis des années, tombaient à nos frontières, invisibles, ignorés. Ils les ont franchies… Les corps s’échouent, les camions deviennent des corbillards, charniers ambulants, témoins autant de l’ignominie des passeurs que de la real politique assassine des états européens et de leurs dirigeants aux certitudes deux fois ébranlées en quelques mois : la réaction du peuple grec et aujourd’hui, un flot de réfugiés victimes de l’incapacité du monde à agir pour empêcher et stopper des guerres meurtrières.
Comment ne pas réagir face au drame qui se joue désormais sous nos yeux ? Les guerres en Syrie, en Irak, en Lybie ont pourtant alimenté ces derniers mois les bulletins d’information, mais dans une indifférence quasi générale il est vrai. Finalement, la question était surtout de savoir si elles allaient avoir des répercussions sur nos économies chancelantes... Mais voilà qu’elles nous ont rattrapés, violemment, interpellant nos consciences, enfin… Les morts, nombreux depuis des années, tombaient à nos frontières, invisibles, ignorés. Ils les ont franchies… Les corps s’échouent, les camions deviennent des corbillards, charniers ambulants, témoins autant de l’ignominie des passeurs que de la real politique assassine des états européens et de leurs dirigeants aux certitudes deux fois ébranlées en quelques mois : la réaction du peuple grec et aujourd’hui, un flot de réfugiés victimes de l’incapacité du monde à agir pour empêcher et stopper des guerres meurtrières.
Aussi,
nous joignons nos voix de médecins,
de citoyens d’un monde qui ne peut plus fermer les yeux, de femmes et d’hommes
tout simplement, à toutes celles
qui dans un mouvement de solidarité et d’indignation demandent que les milliers
de migrants fuyant les guerres et leurs exactions soient accueillis avec
humanité et dignité en France et dans toute l’Europe. La mise en place d’un réseau
de solidarité européen et international qui réponde aux enjeux humanitaires et
sanitaires de cet exode massif est urgente et les acteurs de la santé
doivent se mobiliser. Les initiatives solidaires s’organisent. Nous, médecins
de centres de santé, en serons. Mais cet élan citoyen ne doit pas exonérer nos
gouvernants et dirigeants français de leur responsabilité à apporter des réponses
politiques dans le respect des valeurs qui ont fondé le pays des droits de l’homme,
et d’abord la première, la fraternité…
Rentrée
interrogative pour les
centres de santé
C’est
donc fait : un nouvel accord national, le deuxième de l’histoire, a été enfin signé entre la CNAMTS et les
organisations gestionnaires des centres de santé début juillet. Il ponctue enfin 12 ans d’attente après
la signature du premier accord en 2003 et après une année de négociations
difficiles. Elles furent même interrompues unilatéralement par la CNAMTS suite
au mouvement des médecins libéraux rejetant en bloc et dans un même élan, les nouvelles rémunérations
forfaitaire des pratiques d’équipe et la loi de santé, dont la mesure phare et
symbolique, la généralisation du tiers payant. Que de temps perdu ! Je
vous renvoie sur ce sujet à nos nombreux communiqués de presse dénonçant l’irresponsabilité
des organisations syndicales libérales, leur corporatisme et leur archaïsme.
Quel
premier bilan tirer de l’accord national alors que sa mise en œuvre ne
sera effective qu’au 1er janvier 2016 et qu’il est annoncé
comme une réponse aux revendications de financements des centres ?
jeudi 10 septembre 2015
MORT BRUTALE ou ETOUFFEMENT PROGRESSIF, 2 façons de faire MOURIR un CMS.
A Colombes on a opté pour
la mort brutale. A Drancy c’est la deuxième méthode qui a été choisie par la
municipalité.
Il y a longtemps, dans
l’immédiat après guerre, les banlieues ouvrières, qui s’appelaient la ceinture rouge,
n’attiraient guère les médecins libéraux. On ne les appelait pas des déserts
médicaux mais cela y ressemblait drôlement. En ce temps là, en s’appuyant sur
des médecins militants issus de la résistance, les municipalités communistes,
décidèrent d’organiser les soins
en créant les centres municipaux de santé. Une santé de qualité pour
tous, disaient-ils déjà. A Drancy,
sous la houlette du Dr Georges Godier et sa célèbre moustache à la Brassens, se
créa, s’agrandit, se modernisa le centre de santé de la ville.
Un centre principal en centre ville et 3
annexes situées au cœur des cités.
Dans le
centre principal : des généralistes,
les spécialistes, de la radiologie, du laboratoire.
Dans
les annexe : 2 généralistes (1 homme, 1 femme) assurant en alternance la
consultation de médecine générale et quelques consultations de spécialistes (toujours de la
gynécologie) variant d’un centre à
l’autre en fonctions des besoins locaux, ainsi que du laboratoire tous les jours.
Très
fréquentés par les drancéens de toutes origines sociales les centres semblaient
inscrits à tout jamais dans la ville.
Aux municipales de 2001, changement d’orientation
politique de la ville…
la
lente descente des centres de santé va commencer. Sans jamais le dire ouvertement
(encore moins l’écrire), l’objectif est de réduire à peau de chagrin l’héritage
encombrant de la municipalité précédente que représente les centres de santé au
« profit » de l’exercice libéral et ainsi dégager la municipalité de
la charge financière de la santé.
Préoccupations
idéologiques, préoccupations financières…Difficile de dire… probablement les
deux. Mais aussi peut-être, plaire au secteur libéral (qui ne demande plus
depuis longtemps la suppression des CMS), et rendre encore plus difficile
l’accès aux soins pour les populations
défavorisées….. en espérant que celles ci quittent la ville.
Le
choix de la stratégie lente a été fait pour ne pas heurter les administrés qui
fréquentent de manière importante les CMS, d’autant que le secteur libéral qui ne
pourrait avaler le surplus de patientèle. Cela laisse, de plus, le temps
d’organiser une alternative … La création d’une Maison de Santé libérale
sur laquelle je reviendrai plus tard…
Etait-ce déjà pensé, planifié ?
mercredi 9 septembre 2015
Commentaire Estival sur le Nouvel Accord National
D’abord, et en tout
premier lieu et sans ironie aucune, merci… Merci à tous ces présidents de fédérations
qui ont réussi à se mettre d’accord avec l’Assurance Maladie afin de faire évoluer
les financements des centres de santé et merci plus particulièrement à Richard
LOPEZ puisqu’il préside la Fédération Nationale des Centres de Santé.
Que
l’Assurance Maladie nous considère comme de « vrais médecins » et qu’elle nous octroie les avantages
des confrères libéraux (ALD, objectifs de santé publique … malgré tout ce que l’on
peut en penser…) me semble enfin une juste reconnaissance. Qu’elle aide et
finance nos structures de soins et notre pluri professionnalité (avantage
financier si l’on a des spécialistes de second recours ou des paramédicaux) avec
une attention particulière, puisqu’avec des actions spécifiques, sur les
infirmiers et les dentistes cela me semble aller dans le bon sens. Que l’on
nous encourage à mettre en place une auto évaluation peut être aussi positif.
Mais,
parce qu’il y a toujours des mais…
Que de réunions à mettre
en place ! Quelle réorganisation à faire ! Et que de comptes d’apothicaire !
Car enfin même pour les critères socles, pourrons-nous en une
réunion par mois atteindre 3% d’analyse de dossiers de patients dont le centre est médecin traitant ;
ces réunions dont nous devrons conserver la trace dans le dossier médical ?
Pourrons-nous créer et/ou adapter les protocoles pluri professionnels à la manière
de travailler de nos centres ? Combien de réunions cela va-t-il demander,
sans doute plutôt une par semaine et nous serons obligés de les faire pendant
des temps de consultations.
Devons nous bouleverser
nos horaires de fonctionnement pour gagner 60 points (420€ par an) pour coller à
la Permanence des Soins, ce qui veut dire augmenter la présence des
Professionnels de Santé mais aussi du personnel administratif !
Ajoutons à cela, pour
toucher beaucoup de points et donc de sous, les volets de synthèse clinique et
le bilan annuel de chacun de nos patients et nous serons submergés par la masse
de travail sur dossier.
Et
c’est là où je veux en venir… que devient le patient dans tout ça…
Passerons-nous plus de
temps avec lui en entretien pour comprendre ses problèmes ou sur son dossier ?
Passerons-nous plus de temps à rechercher ce qui va rapporter de l’argent au
centre ou sur les réels problèmes de santé publique de notre environnement ?
L’argent est devenu le moteur de notre métier et conduit notre voiture alors qu’il
devrait être sur le siège arrière à nous accompagner.
Je garde l’espoir qu’un
jour on reconnaisse qu’en matière de santé nous faisons fausse route, que l’on
soit pauvre ou riche nous devons être soigné gratuitement et le médecin ne doit
pas avoir de relation financière avec son patient.
Il n’y aurait alors plus
de nécessité de surveiller notre travail, ce qui est patent dans l’accord
national vu le nombre de documents que l’ARS ou l’Assurance Maladie sont en
droit de nous demander.
Utopie que tout cela me
direz-vous ! Mais il est bon de garder et de raviver de temps en temps les
vrais objectifs que l’on doit se donner.
Denis SOLETCHNIK
Médecin-chef des CMS de
CHAMPIGNY
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