Jamais auparavant, je n’ai autant entendu parler de regroupement
souhaitable des professionnels de santé, de pénurie de professionnels, de
difficultés d’accès aux soins, de déserts médicaux, de généralisation du
tiers-payant… C’est dans ce contexte que les collectivités territoriales,
voyant leurs source de financement s’assécher, ferment où s’interrogent quant
au devenir de leurs centres de santé.
A Gennevilliers depuis plus de dix ans, conscient qu’un Centre de santé
isolé, aussi important soit-il est vulnérable, un partenariat étroit avec les
Hôpitaux AP-HP et PSPH du territoire a été instauré. Des consultations
hospitalières avancées, ont été mises en place, des personnels mis en commun.
Ainsi une réflexion concernant les passages aux urgences a abouti à
l’ouverture d’une PDSA sur le centre Gatineau-Sailliant (permanence des soins en ambulatoire), il y a maintenant deux ans.
Du lundi au vendredi de 20h à 24 heures et le Dimanche matin et jours
fériés, un médecin de garde, assisté d’une secrétaire administrative et d’un
vigile reçoit en consultation non programmée de nuit. Ces patients adressés par
la régulation du Centre 15, n’ont pas à faire l’avance des frais à l’instar de l’hôpital
et reçoivent le lendemain leur facture éditée par le Centre de Santé. La
régularité des consultations croit, au fur et à mesure que l’information
diffuse dans la population et atteint une moyenne de six consultants par
nuitée. La nuit de samedi à Dimanche, n’est pour l’instant pas couverte car
statistiquement et pour des raisons mystérieuses peu fréquentée là où elle est
proposée.
Devant les difficultés conjoncturelles rencontrées par les uns ou les
autres, deux attitudes sont possibles. Attendre, en « serrant les
miches », le bon ou le mauvais vouloir du Conseil Municipal, ou tenter de
proposer aux Elus de nouvelles perspectives et pourquoi pas des changements
radicaux de fonctionnement et d’organisation.
Force est de constater que le recrutement en spécialité est de plus en
plus difficile, ne parlons pas des ophtalmos, des radiologues, des ORL et
autres psychiatres. Nous contenterons nous de nous lamenter les bras ballants,
déplorant la politique certes condamnable des pouvoirs publics qui nous ont
amené à cela. Qui peut espérer, dans cette Europe libérale, et les politiques
d’austérité mises en place une hypothétique marche arrière à court terme. La
principale solution apportée sur certains sites consiste à fermer service par
service et à dépecer progressivement la structure.